Bases scientifiques

Un résumé des bases scientifiques du projet Global Cooling

 

Source : Rapport de l'IPCC, 2001

Introduction

Dans les régions les plus sèches, qui ne possèdent qu'une courte saison des pluies, la récolte des eaux de pluie permet d'améliorer l'humidité des sols. Cette amélioration (et donc, de l'eau disponible pour les plantes et pour les arbres) permet d'aider à la formation des nuages :

Les nuages de basse altitude réfléchissent la lumière du soleil vers l'espace, actuellement avec une moyenne de 77W/m2, ce qui rafraîchit la planète. Il est vrai que les nuages, la nuit, ont un effet d'isolant, mais cet effet est moindre que le réfléchissement des nuages de jour. Ensuite, les nuages convectifs d'altitude transportent l'énergie dégagée par la chaleur depuis le sol vers la haute atmosphère (actuellement, de 78W/m2), d'où cette chaleur est ensuite renvoyée vers l'espace (235W/m2) :

 

NB Ces deux processus de rafraîchissement n'impliquent pas l'effet de serre global.

Bien que cet effet de rafraîchissement soit important, le véritable impact sur les êtres humains et sur les écosystèmes sera déterminé plus par les changement locaux et régionaux, qui vont parfois à l'inverse des tendances globales. Donc, toute action au niveau régional permettant une amélioration climatique, ou diminuant la vulnérabilité climatique est intéressante, qu'il y ait ou non un impact plus global.

Les effets régionaux les plus forts seront une pluviosité accrue, ce qui aidera les agriculteurs et la végétation naturelle.

Les effets de rafraîchissement globaux commencent dès que la couverture nuageuse augmente, contrairement aux effets des émissions de CO2, agissant sur l'effet de serre, qui se développent sur des périodes de 50 ans ou plus. Ceci signifie que l'augmentation de la couverture nuageuse de basse altitude peut avoir un effet de rafraîchissement immédiat et de longue durée.

Afin de faciliter ce rafraîchissement, il est nécessaire de travailler sur de grandes échelles, et de concentrer les efforts initiaux sur certaines régions tropicales, où les conditions sont particulièrement favorables. Des recherches initiales montrent que les zones les plus favorables sont des régions semi-arides, qui ont des saisons des pluies comprisent entre 300 et 1000 mm, comme, par exemple, le Mali, le Nigéria et le Sénégal. Dans certains cas, certains travaux sont même en cours et/ou terminés, s'ils font partie de programmes d'amélioration de l'agriculture.

Pour obtenir un impact maximal sur la couverture nuageuse, les études indiquent que des bandes de terrain longues de 10KM, organisées sous forme d'un échiquier ou de bandes parallèles, sont particulièrement efficaces.

Questions fréquentes

Comment améliorer l'humidité des sols ?

Un hydrologiste slovaque (Michal Kravcik) a ainsi proposé une récolte des eaux de pluie, associée à une gestion de l'eau sur tous les bassins fluviaux des tropiques, en commencant par l'Afrique.

Ces actions peuvent être combinées avec des techniques d'ensemencement spéciales, développées par l'institut australien de permaculture afin de faire une différence importante dans l'humidité des sols. Ceci rends la survie des arbres et des plantes beaucoup plus probable, augmente la quantité d'eau conservée dans les sols et entraîne un feedback positif grâce à un ombrage plus important, une meilleure percolation et une formation des nuages plus élevées. Potentiellement, ceci permet également de disposer de pluies plus importantes et donc d'un rafraîchissement plus élevé, grâce à la réduction des facteurs entraînant le desséchement.

La récolte des eaux de pluies a le soutien des Nations Unies (UNEP), tout sépecialement en Afrique de l'Est et du Sud. Ces régions disposent déjà d'une bonne expérience dans ce domaine, ainsi que des pays comme le Brésil, la Chine et l'Inde.


Ces positions scientifiques sont-elles solides ?

Dix-neuf scientifiques de renom ont publiés récemment un appel afin que les interactions entre le sol et l'atmosphère soient pris en compte dans un politique sur les changements climatiques. (Un extrait est ci-joint). Dans son analyse des processus impliquant le sol et l'atmosphère, le Prof. Roger Pielke a déclaré :

    "Une conclusion importante de ces études est que les changements dans l'utilisation du sol affectent directement le climat local et régional de deux manières. Tout d'abord les condition atmosphériques locales et régionales ont changé depuis [...] que la température de surface, l'humidité et les gaz et aérosols ont été transformés."

    "[...] la végétation et les processus internes aux sols, ainsi que leur modification ont un impact direct sur l'athosphère et le climat global dans de nombreux paramètres de temps et d'espace géographique. Ces altérations en cours modifient directement l'environnement des orages, ces derniers étant des conducteurs de chaleur, d'humidité et de mouvement sous les hautes latitudes, les modifications du paysage ont donc une influence fort importante sur le climat et la météorologie globale."

    1 R.A. Pielke Sr : Land-Use/Convection/Regional Climate http://blue.atmos.colostate.edu/publications/pdf/CB-29.pdf.

Il existe aujourd'hui un consensus sur le rôle rafraîchissant des nuages de basse altitude, la capacité du sol à retenir l'humidité et à produire, avec la végétation, des nuages et de la pluie, ainsi que sur la possibilité, par le biais de la récolte des eaux de pluie à produire une amélioration de l'humidité du sol, la survie et la croissance des plantes et des arbres.

Démontrer que ces trois relations fonctionnent de concert afin de produire un rafraîchissement global est plus difficile, étant donné que de nombreuses actions se produisent en même temps. Nos outils de modélisation se montrent néanmoins de plus en plus fiables et sophistiqués et le dossier scientifique accompagnant ce site web comporte des études démontrant l'impact global des changements, effectués sous les tropiques, sur la végétation et sur le sol.

L'impact régional est plus simple à démontrer, car de tels changements ont déjà été observés dans les dernières décennies dans des régions différentes, en les comparant les unes aux autres. La déforestation est, en particulier, très largement liée aux baisses de pluviométrie régionales.

Plusieurs scientifiques anglais de renom (par ex. le Prof. Peter Cox du centre météorologique national et le Dr Richard Harding du centre national pour l'hydrologie et la météorologie), spécialisés dans les interactions entre le sol et l'atmosphère ont soutenu notre projet par écrit, c'est-à-dire qu'ils sont suffisamment sûrs de son bien-fondé pour soutenir publiquement cette approche de rafraîchissement global et de réduction des sécheresses.

Est-ce que ce projet sera un projet d'aide humanitaire ?

Ce projet entraînera des bénéfices certainement considérables pour (par ex.) l'Ethiopie : de meilleures conditions pour l'agriculture, une réduction des inondations, des créations d'emplois et des sécheresses. Néanmoins, ce projet n'est pas un projet d'aide humanitaire, ni un projet de développement local, mais une offre commerciale directe : les personnes, les ONG et les pays voulant lutter contre le réchauffement global pourront payer des personnes, des pays et des communautés pour entreprendre ce travail, que ce soit en cash ou, partiellement, par le biais de projets communautaires et de santé publique. Puisque ce projet entraînera la création de zones humides, il est probable qu'une augmentation de la malaria sera une des conséquences négatives de ce projet pour les populations locales si rien n'est fait pour minimiser cette maladie.

Il est agréable de penser que l(Etiopie (par exemple) prendra ainsi un rôle leader pour aider le monde entier, au lieu que ce soit le monde qui aide l'Ethiopie à sortir d'une nouvelle famine.

Pourquoi est-ce que ce projet n'a pas été proposé avant ?

Probablement parce que les professions d'hydrologue et de météorologue sont séparées et parce que les climatologistes sont plus concernés par la compréhension et la description de ce qui est en train de se produire, et par avertir des dangers de l'activité humaine, que par la propisition de solutions concrètes. Peut-être aussi par la concentration sur le CO2 et le méthane, qui a conduit à négliger le rôle de la vapeur d'eau et des nuages. Enfin, ce rôle a, jusqu'à une date récente, été difficile à quantifier et à incorporer dans les modèles climatiques.

Qu'est-ce que la récolte d'eau de pluie ?

La récolte d'eau de pluie utilise de nombreux projets de taille moyenne, petite et très petite, qui peuvent être utilisés par une communauté afin de récolter et de conserver l'eau dans le sol pendant la saison des pluies.

Il y a, pour résumer, cinq types de récolte d'eau de pluie :

  1. Basée sur les toits, pour un usage domestique.
  2. "In situ" : là où il y a un peu de pente et d'écoulement.
  3. Ecoulement : là où il existe des pentes plus fortes et des écoulements (voir l'illustration ci-dessous).
  4. Barrage souterrain : pour les sols sableux.
  5. Sur de grandes zones : y compris la collecte des eaux provenant d'inondations.

 

 


Pour plus d'informations :


Résumé du projet

Phases du projet

Dossier scientifique du projet : fichier pdf (7 Mo)

Projet Global Cooling : fichier pdf (690 Ko)